Différences entre les versions de « Charles Gave:Les évangiles, la défense, l'illustration du capital et du droit de propriété »

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::"Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à vous est négociable."
::Staline à Yalta
Commençons par une autre parabole qui recoupe le sujet précédent, la vigne : Jésus devait avoir un petit faible pour le vin.
::"Un homme planta une vigne,
::il l’entoura d’une clôture,
::y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde.
::Puis il la donna en fermage à des vignerons,
::et partit en voyage.
::Le moment venu, il envoya son serviteur auprès des vignerons
::pour se faire remettre par ceux-ci le produit de la vigne.
::Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent et le
::renvoyèrent sans rien lui donner.
::De nouveau, il leur envoya un autre serviteur.
::Et celui là ils l’assommèrent et l’insultèrent.
::Il en envoya encore un autre, et celui là ils le tuèrent…
::…
::Il lui restait encore quelqu’un, son fils bien-aimé
::Il l’envoya vers eux en dernier.
::Il se disait
::"Ils respecteront mon fils"
::Mais ces vignerons là se dirent entre eux :
::"Voici l’héritier : allons-y, tuons-le, et l’héritage va être à nous"
::Ils se saisirent de lui, le tuèrent et le jetèrent en dehors de la vigne.
::Que fera le maître de la vigne ?
::Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d’autres".
Lumineux !
Un investissement est fait, à grands frais.
Un contrat est passé, qui prévoit l’échange de travail contre une part de la vendange.
Au début, les vignerons veulent simplement ne pas payer le fermage, ce qui revient à dire qu’ils ne veulent pas rémunérer le capital.
Ils s’approprient la totalité du revenu de la vigne, ce qui est déjà un vol.
Quand le fils du propriétaire vient, ils se rendent compte avec ravissement qu’ils vont pouvoir s’approprier le capital lui-même, en l’assassinant.
Le résultat final : ils sont massacrés et ruinés, ce qui est tout ce qu'ils méritent.
Voilà l’histoire de l'Europe moderne, résumée en quelques phrases. On dépossède le propriétaire de son revenu, ce qui de nos jours se fait le plus souvent par l’intermédiaire des taux d’imposition confiscatoires. Quand la propriété doit  aller au fils, on dépossède à nouveau celui-ci, mais cette fois du capital, par l’intermédiaire des impôts sur l’héritage et sur la fortune. C'est la version douce.
La version plus violente mise en œuvre – sous les applaudissements de la gauche française unanime -  par Lénine, Pol Pot, Trotski, Castro ou Mugabe, c’est de nationaliser les biens, sans omettre au passage de massacrer leurs propriétaires.
Si l’on en croit les Evangiles, cela amène inéluctablement à la ruine et à la mort des coupables<ref>A dire vrai, l’auteur ne peut pas citer un seul exemple historique de vol organisé par l’Etat (nationalisations) qui se soit terminé par un enrichissement collectif ou un progrès de la démocratie. </ref>.
Le Christ nous dit sans ambages : pour que l’économie fonctionne, il faut un maître qui dispose du capital et qui contrôle le travail, ce qui me semble évident.
Il faut aussi que les contrats passés entre le maître et les travailleurs soient respectés. Si les travailleurs volent leur maître, nous dit Jésus, c'est-à-dire si le capital n’est pas rémunéré au prix déterminé dans le contrat original, alors c’est la ruine et la mort.
En fait quatre conditions doivent être réunies pour qu'il y ait un équilibre harmonieux dans le monde économique. Il faut :
1. du capital
2. du travail
3. un contrat entre les deux parties
4. le respect de ce contrat.
N'est-il pas extraordinaire que toutes les études les plus récentes sur les pays en développement économique depuis deux cent cinquante ans mettent en lumière ces quatre conditions présentes dans les Evangiles en toutes lettres.
On se reportera, en particulier, au  livre remarquable du péruvien Hernando de Soto : ''The Mystery of Capital. Why capitalism triumphs in the West and fails everywhere else''<ref>''Pourquoi le capitalisme réussit-il à l’Ouest et échoue-t-il partout ailleurs''.</ref>?
Hernando de Soto met en lumière une vérité profonde qui crève les yeux et que personne pourtant n’avait vue avant lui. Cette thèse de l’économiste péruvien, qui a étudié dans le détail, quatre économies de pays dits "émergents", Pérou, Haïti, Egypte, Philippines, peut se résumer ainsi :  le capital<ref>Le bétail, dans de très nombreuses civilisations était la forme originale que prenait le capital. Le propriétaire en tirait des revenus (viande, produits laitiers) et il pouvait assez facilement "liquéfier"son capital, en le vendant.
Il existait en effet toujours un marché pour les vaches ou les moutons.
Il était donc assez aisé de séparer ce qui était revenu de ce qui était capital.
Ce qui a permis de faire la première différence essentielle entre capital et revenu.
</ref> disponible dans ces pays est extraordinairement important, mais le système juridique ne permet pas de le mobiliser.  Le capital local est donc laissé en friche.
Sa thèse est fort simple : les pays développés savent faire la différence entre l’usage de  la propriété et le concept de propriété.
Il y a une différence essentielle entre la "maison" et le  "concept juridique"  de maison.  La maison, dans laquelle vous habitez sans pouvoir prouver qu’elle est à vous, ne peut vous servir qu’à un seul usage : y habiter. En revanche, la propriété comme "concept" est susceptible d’être découpée en tranche : vente, hypothèque, location, viager…
Si le droit local le permet, quiconque possède le titre d'un bien immobilier peut le louer, le vendre, l’utiliser pour lui-même, emprunter en  le donnant en garantie et chacune de ses décisions sera protégée et réglementée  par le système juridique en place.
Si le droit local ne le permet pas, la seule chose que peut faire le "propriétaire- squatter", c’est d’y habiter à titre précaire.
Le développement économique, selon de Soto, la croissance pour l’appeler par son nom, a toujours été fondé sur la protection juridique d’un système de propriété lui-même ancré dans la propriété individuelle. Dans un tel système, les entrepreneurs peuvent en effet, mettre en gage leurs propriétés, ce qui est la façon la plus simple de lever de l’argent pour lancer une entreprise. Ils doivent ensuite pouvoir limiter le risque personnel en passant par la création d’une société qui soit juridiquement indépendante de leur personne. C'est pourquoi la création d'une société anonyme doit donc être simple, rapide et peu coûteuse. Cela prend une heure aux Etats-Unis, contre deux ans au Pérou….
La société anonyme représente un progrès juridique fabuleux dans la mesure où son capital social constitue une entité juridique autonome qui ne se recoupe pas avec le capital que peuvent détenir par ailleurs les propriétaires des actions. De ce fait on atténue leur risque.
La personnalité morale est une des grandes inventions de l’Occident.
Selon  Hernando de Soto, la priorité des priorités est  d'aider les pays émergents, les PVD, à développer des systèmes juridiques qui présentent les deux caractéristiques suivantes :
• conceptualiser la propriété individuelle par une identification juridique parfaite des droits et devoirs de tous ceux qui l’utilisent. Et là, le rôle de l’Etat est immense et justifié.
• faciliter la mobilisation et de le transfert de la propriété : hypothèques, banques hypothécaires, démarches administratives facilitées pour la création de systèmes juridiques reconnaissant la propriété individuelle, etc.
Si les pays pauvres ne se développent pas, ce n'est nullement dû à on ne sait quelle malédiction, mais parce que les entrepreneurs locaux ne peuvent pas mobiliser le capital local.
Ces pays n’ont pas besoin de transfert de capital. 
Ils en ont largement assez.
Ils ont besoin de systèmes légaux qui leur permettent de passer du stade de l’économie au noir à une économie financiarisée.
Pour qu’il y ait  un développement durable il faut et il suffit que les actifs, dans chaque pays, soient possédés de façon indiscutable par des individus.
C’est dans un droit de propriété individuel,  qui soit incontestable et sanctionné par un acte juridique garanti par l’Etat, que le développement trouve sa source.
Ce que nous dit le Christ.  C'est-à-dire  le contraire de la vulgate actuelle, éprise de cette ânerie meurtrière, la propriété "collective ".
Rien n’entrave le développement économique plus sûrement que la présence d’un Etat prédateur, même et surtout s’il a les meilleures intentions du monde.
N’appartenant à personne, la propriété collective ne peut être mobilisée par quiconque et reste donc stérile à jamais.
Les pays qui pratiquent cette forme de propriété – en Afrique en particulier –, sont ceux qui, en général, crient les plus forts pour que les pays développés distribuent de plus en plus d'aides par des transferts.
Ce qui alimente la corruption et ne marche jamais.
On nous rebat sans arrêt les oreilles avec le fameux plan Marshall et il ne se passe pas un mois sans qu'une âme noble n'écrive : il faut un plan Marshall pour l’Afrique…
L’Egypte a déjà reçu l’équivalent de trois plans Marshall en "aide", la Tanzanie environ dix fois plus par habitant que ce que les Européens ont reçu à partir de 1947…  On mesure les résultats tous les jours.
Le plan Marshall a fonctionné parce que les Américains ont exigé comme condition aux transferts d'argent des Etats-Unis vers l'Europe que les Européens cessent d’être protectionnistes et  reconnaissent la propriété individuelle.
En termes simples les Américains ont exigé que les Européens reconstituent un Etat de droit, et empêchent l’Etat d’être prédateur.
C’est pour ça que le plan Marshall a réussi.
C’est curieux comme les milieux informés ne parlent jamais de cette exigence américaine. On se demande d’où vient leur réticence. Un oubli freudien, sans doute aucun…
Ce n’est pas l’argent qui fait la croissance, mais la sécurité juridique et la protection contre les prédateurs, dont l’Etat est toujours le principal supporter.
Comme le disait le professeur Bauer, l’un des meilleurs spécialistes de l’aide aux pays en voie de développement : "L’aide aux PVD, c’est prendre de l’argent aux pauvres des pays riches pour le donner aux riches des pays pauvres".
L'appropriation collective est un vol et va donc contre l’un des dix Commandements. Celui  qui s’énonce pourtant fort clairement :
::"Tu ne voleras point"
Nulle part il n’est dit :
 
::"Tu pourras voler si le Parti majoritaire à l’Assemblée nationale t’autorise à le faire, ou si quelqu’un d’autre vole pour toi, en ::se servant au passage, bien entendu"
Un vol, même autorisé par la puissance publique reste un vol.
Pourquoi s’étonner si ces vols amènent d’abord à la ruine et ensuite à la mort ?
C’est ce que nous dit Moïse.
C’est ce que nous dit le Christ.
C’est ce que prouve toute l’expérience historique, et en particulier celle des cent dernières années.
Un vol "étatisé", un vol organisé et autorisé par la puissance publique, est un vol d’une nature beaucoup plus grave que le simple vol entre particuliers. Il détruit, en effet, la notion même de sécurité juridique et, de ce fait, a des conséquences très graves, très lourdes.
Quand on peut affirmer, "la propriété, c’est le vol" on ne voit pas au nom de quoi on condamnerait celui-ci. Pourquoi, dès lors, le capitaliste – le "maître" dans les Paraboles – continuerait-il d'investir ? Il préfère investir ailleurs…




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