Différences entre les versions de « Franz Oppenheimer:L'Etat, son origines, son évolution et son avenir - Partie I : L'origine de l'Etat »

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# {{note|6}}Ratzel, Voelkerkunde, 2° éd. Leipzig et Vienne, 1894-1895, II, p. 372. Friedrich Ratzel, né le 30 août 1844 à Karlsruhe - décédé le 9 août 1904 à Ammerland, était un pharmacien, zoologiste puis géographe allemand. Ratzel, dans son œuvre majeure publiée de 1882 à 1891, Anthropogéographie, lie la terre et l’homme dans une vision systématique qui a totalement renouvelé la science géographique. Pour Ratzel, l'objectif unique de celle-ci consiste à mettre en lumière la diversité des sociétés humaines pour lui faire correspondre une diversité égale de milieux naturels. Dans cette optique, l'emploi du mot géographie, de l'adjectif géographique, s'applique aux caractéristiques physiques. De ce point de vue, les facteurs géographiques sont donc exclusivement les conditions naturelles mais Ratzel, qui éprouve la nécessité de créer un nouveau terme pour qualifier sa spécialité – il parle d'anthropogéographie – dépasse l'ancienne acception du concept dans ses travaux. Ainsi, pour Ratzel, la connaissance des immigrants puritains de la Nouvelle-Angleterre est plus importante pour comprendre cette région que le relief de celle-ci. Ratzel est aussi, au-delà, un des pionniers les plus importants de la géopolitique. Très influencé par Charles Darwin et sa théorie de l’évolution, il utilise ces concepts à une échelle plus générale, celle des États, en les comparant à des organismes biologiques qui connaissent croissance ou déclin sur une échelle temporelle. Selon ses propres mots, « L'État subit les mêmes influences que toute vie. Les bases de l'extension des hommes sur la terre déterminent l'extension de leurs États. [...] Les frontières ne sont pas à concevoir autrement que comme l'expression d'un mouvement organique et inorganique. » L’expansion des peuples doit leur permettre de récupérer les espaces de voisins moins vigoureux, vision qui légitime, certes, l'impérialisme allemand, mais de fait toutes les annexions territoriales connues par l’Europe centrale au long du XIXe siècle. La pensée de Ratzel, très ample et complexe, résiste à la simplification. Si ses idées ont été reprises plus tard par le géographe nationaliste Karl Haushofer, celles-ci constituant le terreau de la notion d’ « espace vital » qui fleurit dans Mein Kampf, elles ne sauraient être réduites à cet aspect. Sa position sur la question coloniale démontre cette difficulté. Fondé en 1871, le Reich allemand arrive tardivement sur cette scène. Ratzel défend l’idée qu'il puisse s'implanter en Afrique pour former une Mittelafrika plutôt qu'une Grossdeutschland, stratégie reprise dès 1914 par l’État-major allemand contre les colonies alliées. Elle est toutefois inverse de celle mise en œuvre par les nazis après 1933, ceux-ci défendant l'idée d'une expansion en Europe au détriment des Slaves et des Latins. Pour autant, la volonté colonialiste de Ratzel, qu'il faut replacer dans les opinions de l'époque, repose sur des concepts plus incertains. Dans sa théorie, les peuples primitifs (Naturvölker) de l'Afrique, Océanie etc. s'opposent par leurs traits aux peuples évolués (Kulturvölker) de l'Ancien et Nouveau Monde, lesquels ont tout naturellement, à ce titre, le droit d’occuper les territoires des premiers.  
# {{note|6}}Ratzel, Voelkerkunde, 2° éd. Leipzig et Vienne, 1894-1895, II, p. 372. Friedrich Ratzel, né le 30 août 1844 à Karlsruhe - décédé le 9 août 1904 à Ammerland, était un pharmacien, zoologiste puis géographe allemand. Ratzel, dans son œuvre majeure publiée de 1882 à 1891, Anthropogéographie, lie la terre et l’homme dans une vision systématique qui a totalement renouvelé la science géographique. Pour Ratzel, l'objectif unique de celle-ci consiste à mettre en lumière la diversité des sociétés humaines pour lui faire correspondre une diversité égale de milieux naturels. Dans cette optique, l'emploi du mot géographie, de l'adjectif géographique, s'applique aux caractéristiques physiques. De ce point de vue, les facteurs géographiques sont donc exclusivement les conditions naturelles mais Ratzel, qui éprouve la nécessité de créer un nouveau terme pour qualifier sa spécialité – il parle d'anthropogéographie – dépasse l'ancienne acception du concept dans ses travaux. Ainsi, pour Ratzel, la connaissance des immigrants puritains de la Nouvelle-Angleterre est plus importante pour comprendre cette région que le relief de celle-ci. Ratzel est aussi, au-delà, un des pionniers les plus importants de la géopolitique. Très influencé par Charles Darwin et sa théorie de l’évolution, il utilise ces concepts à une échelle plus générale, celle des États, en les comparant à des organismes biologiques qui connaissent croissance ou déclin sur une échelle temporelle. Selon ses propres mots, « L'État subit les mêmes influences que toute vie. Les bases de l'extension des hommes sur la terre déterminent l'extension de leurs États. [...] Les frontières ne sont pas à concevoir autrement que comme l'expression d'un mouvement organique et inorganique. » L’expansion des peuples doit leur permettre de récupérer les espaces de voisins moins vigoureux, vision qui légitime, certes, l'impérialisme allemand, mais de fait toutes les annexions territoriales connues par l’Europe centrale au long du XIXe siècle. La pensée de Ratzel, très ample et complexe, résiste à la simplification. Si ses idées ont été reprises plus tard par le géographe nationaliste Karl Haushofer, celles-ci constituant le terreau de la notion d’ « espace vital » qui fleurit dans Mein Kampf, elles ne sauraient être réduites à cet aspect. Sa position sur la question coloniale démontre cette difficulté. Fondé en 1871, le Reich allemand arrive tardivement sur cette scène. Ratzel défend l’idée qu'il puisse s'implanter en Afrique pour former une Mittelafrika plutôt qu'une Grossdeutschland, stratégie reprise dès 1914 par l’État-major allemand contre les colonies alliées. Elle est toutefois inverse de celle mise en œuvre par les nazis après 1933, ceux-ci défendant l'idée d'une expansion en Europe au détriment des Slaves et des Latins. Pour autant, la volonté colonialiste de Ratzel, qu'il faut replacer dans les opinions de l'époque, repose sur des concepts plus incertains. Dans sa théorie, les peuples primitifs (Naturvölker) de l'Afrique, Océanie etc. s'opposent par leurs traits aux peuples évolués (Kulturvölker) de l'Ancien et Nouveau Monde, lesquels ont tout naturellement, à ce titre, le droit d’occuper les territoires des premiers.  
# {{note|7}}Cunow, ''Die soziale Verfassung des lnkareiches'', Stuttgart, 1896, p. 51.
# {{note|7}}Cunow, ''Die soziale Verfassung des lnkareiches'', Stuttgart, 1896, p. 51.
# {{note|8}}Ce contraste psychologique qui a été souvent expressément affirmé, n'est pourtant pas sans souffrir d'exception. Grosse écrit (''Formes de la famille'', p. 137): « Quelques histoires de la civilisation présentent les laboureurs comme des peuplades pacifiques par opposition aux nomades belliqueux. Il est certain que l'on ne peut soutenir de leur genre d'occupation ce que l'on prétend de l'élevage, que sa nature prépare et dispose à la guerre. Pourtant c'est justement dans le cadre de ces occupations paisibles que nous trouvons plusieurs des peuplades les plus belliqueuses et les plus cruelles qui aient jamais existé. Les sauvages cannibales de l'Archipel Bismarck, les féroces Fidjiens, les bouchers humains du Dahomey et des Aschantis se livrent tous à la paisible culture des fruits de la terre. En admettant que tous les agriculteurs ne soient pas aussi redoutables, la douceur proverbiale de la plupart ne nous en semble pas moins plutôt problématique. »
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