Différences entre les versions de « Étienne Bonnot de Condillac:Le Commerce et le gouvernement considérés relativement l’un à l’autre - Atteintes portées au commerce : impôts sur les consommations »

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Mais il faut d’abord défalquer les frais de perception ; frais qui croissent eux-mêmes en raison du nombre des compagnies, auxquelles on afferme ou on donne en régie chacun de ces impôts, et en raison du nombre des commis qu’elles ont à leurs gages.
Mais il faut d’abord défalquer les frais de perception ; frais qui croissent eux-mêmes en raison du nombre des compagnies, auxquelles on afferme ou on donne en régie chacun de ces impôts, et en raison du nombre des commis qu’elles ont à leurs gages.


D’ailleurs ces compagnies savent seules ce que chaque imposition peut produire, et elles mettent tout leur art à le cacher au gouvernement, qui lui-même ferme souvent les yeux sur les abus qu’il voit. La perception, si elle était simple, éclairerait le public, et serait moins dispendieuse : mais elles la compliquent à dessein, parce que ce n’est pas sur elles que les frais en retombent ; et il leur est d’autant plus facile de la compliquer, que la multiplicité des impôts finit par faire, de cette partie de l’administration, une science à laquelle personne ne peut rien comprendre.
D’ailleurs ces compagnies savent seules ce que chaque imposition peut produire, et elles mettent tout leur art à le cacher au gouvernement, qui lui-même ferme souvent les yeux sur les abus qu’il voit. La perception, si elle était simple, éclairerait le public, et serait moins dispendieuse : mais elles la compliquent à dessein, parce que ce n’est pas sur elles que les frais en retombent ; et il leur est d’autant plus facile de la compliquer, que la multiplicité des impôts finit par faire, de cette partie de l’administration, une science à laquelle personne ne peut rien comprendre<ref>On sait combien Sully, qui était fait pour bien voir, a eu de peine à débrouiller ce chaos.</ref>.


Voilà donc une grande partie du produit qui se dissipe nécessairement ; et ce qu’on peut supposer de plus avantageux pour le monarque, c’est qu’il lui en revienne environ la moitié.
Voilà donc une grande partie du produit qui se dissipe nécessairement ; et ce qu’on peut supposer de plus avantageux pour le monarque, c’est qu’il lui en revienne environ la moitié.


Mais il se trompe encore, s’il croit que son revenu est augmenté de cette moitié.
Mais il se trompe encore, s’il croit que son revenu est augmenté de cette moitié<ref>Il y a des écrivains qui prétendent que, pour qu'il entre un million dans les coffres du roi, il faut que les sujets en paient trois. Je ne suis point en état de faire des calculs précis sur cette matière.</ref>.


Les impôts, multipliés comme les consommations, ont tout renchéri pour lui comme pour ses sujets ; et ce renchérissement porte sur toutes ses dépenses, puisqu’il a fait hausser le prix de la main-d’œuvre en tout genre d’ouvrages. Quand on supposerait son revenu augmenté d’un tiers, il n’en sera pas plus riche, si ce qu’il payait une once d’argent, il le paie désormais une once et demie.
Les impôts, multipliés comme les consommations, ont tout renchéri pour lui comme pour ses sujets ; et ce renchérissement porte sur toutes ses dépenses, puisqu’il a fait hausser le prix de la main-d’œuvre en tout genre d’ouvrages. Quand on supposerait son revenu augmenté d’un tiers, il n’en sera pas plus riche, si ce qu’il payait une once d’argent, il le paie désormais une once et demie.
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