Lysander Spooner:Les Vices ne sont pas des crimes - XVII

De Librairal
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Lysander Spooner:Les Vices ne sont pas des crimes - XVII


Anonyme


XVII

Mais on dira que certains hommes sont rendus, par leurs vices, dangereux pour d'autres personnes ; qu'un ivrogne, par exemple, est parfois bagarreur et dangereux pour sa famille, ou d'autres. Et on se demandera : "la loi ne peut-elle donc rien faire dans un cas pareil ?" Voici la réponse : si, que ce soit parce qu'il a bu ou pour n'importe quelle autre raison, un homme se révèle réellement dangereux, pour sa famille ou d'autres personnes, non seulement il peut être maîtrisé en toute légalité, dans la mesure où cela est nécessaire à la sécurité d'autres personnes, mais en plus toutes les autres persones - qui savent ou ont de sérieuses raisons de croire qu'il est dangereux - peuvent à leur tour être empêchées de lui vendre ou de lui donner quoi que ce soit susceptible à leurs yeux de le rendre dangereux.

Vendre de l'alcool n'est pas en soi un crime

Mais parce qu'un homme devient bagarreur et dangereux après avoir bu des boissons alcoolisées, et parce que cela constitue un crime de donner ou de vendre de l'alcool à un homme tel que lui, n'implique pas du tout que c'est un crime de vendre de l'alcool aux centaines et aux milliers d'autres, qui ne sont pas rendus bagarreurs ou dangereux par la boisson. Avant qu'un homme ne puisse être condamné pour le crime d'avoir vendu de l'alcool à un homme dangereux, il doit être démontré que l'homme en question, à qui l'alcool a été vendu, était dangereux ; et aussi que le vendeur savait, ou avait de bonnes raisons de croire, que l'homme serait rendu dangereux par la boisson.

La présomption de la loi est, dans tous les cas, que la vente est innocente ; et la charge de la preuve de l'intention criminelle, dans n'importe quelle affaire donnée, incombe au gouvernement. Et l'intention criminelle dans cette affaire spécifique doit être prouvée, indépendamment de toutes les autres affaires.

Obéissant à ces principes, il n'y a aucune difficulté à reconnaître coupables et punir des hommes pour avoir vendu ou offert n'importe quel article à un homme qui, lorsqu'il en fait usage, devient dangereux pour les autres.

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