Walter Lippmann:La Cité libre - Chapitre 4 - l'ascension intellectuelle du collectivisme

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Walter Lippmann:La Cité libre - Chapitre 4 - l'ascension intellectuelle du collectivisme


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Chapitre 4 - L'ascension intellectuelle du collectivisme
La Cité libre
The Good Society
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Auteur : Walter Lippmann
Genre
histoire, philosophie
Année de parution
1937
« Les doctrines auxquelles on veut que les hommes souscrivent sont partout hostiles à celles au nom desquelles les hommes ont lutté pour conquérir la liberté. Les réformes sont partout aux prises avec la tradition libérale. On demande aux hommes de choisir entre la sécurité et la liberté. On leur dit que pour améliorer leur sort il leur faut renoncer à leurs droits, que pour échapper à la misère, ils doivent entrer en prison, que pour régulariser leur travail il faut les enrégimenter, que pour avoir plus d'égalité, il faut qu'ils aient moins de liberté, que pour réaliser la solidarité nationale il est nécessaire d'opprimer les oppositions, que pour exalter la dignité humaine il faut que l'homme s'aplatisse devant les tyrans, que pour recueillir les fruits de la science, il faut supprimer la liberté des recherches, que pour faire triompher la vérité, il faut en empêcher l'examen. »
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Dans le domaine des idées, un changement de théorie n'a sa répercussion dans la pratique qu'après un certain temps, et, comme l'a dit M. Keynes, les hommes d'action d'une époque appliquent généralement les théories des gens morts depuis longtemps[1]. Adam Smith publia La Richesse des Nations en 1776 et avant sa mort en 1790, deux Premiers Ministres anglais, lord Shelburne et William Pitt[2], avaient été convertis à ses idées. Mais ce ne fut qu'en 1846 que les Corn Laws furent rapportées, et le libre-échange ne fut pas institué avant que Gladstone eût présenté ses budgets de 1853 et de 1860. Ce grand renversement politique fut le résultat d'une transformation des idées européennes qui mit à peu près soixante-quinze ans à affecter la politique des gouvernements.

Pendant cette période, la philosophie libérale a été en pleine ascension : des conservateurs comme sir Robert Peel, aussi bien que des révolutionnaires, envisageaient l'avenir sous l'aspect d'une émancipation croissante à l'égard des prérogatives et des privilèges. La liberté était l'étoile polaire de l'esprit humain. Lorsqu'un mal se manifestait, les hommes en recherchaient instinctivement la cause dans une manifestation du pouvoir arbitraire. Ils en recherchaient le remède dans la limitation de l'arbitraire et l'abolition des privilèges. Ils avaient foi dans les gouvernements soumis à la loi, et dans les droits de l'homme plutôt que dans la souveraineté des rois ou des majorités. Ils pensaient que l'amélioration de la destinée humaine devait être obtenue en libérant la pensée, l'invention, l'initiative et le travail, de l'oppression et de l'exploitation, du gouvernement des rois, des monopoles, des grands propriétaires et des Eglises établies. Certains, conservateurs par intérêt et par tempérament, étaient opposés aux changements brusques, cependant que d'autres étaient favorables à ces réformes radicales. Mais le conflit qui les divisait portait sur la question de savoir si les privilèges existants devaient être maintenus ou abolis.

Mais entre 1848 et 1870, le climat intellectuel de la société occidentale changea. L'ascension du collectivisme commença. Un phénomène de cette nature ne saurait bien entendu être daté avec précision, mais il est assez clair qu'après 1870 la philosophie libérale garde la défensive sur le terrain théorique, cependant que dans le domaine de la pratique, les libéraux soutiennent sans succès un combat d'arrière-garde[3]. L'Angleterre, il est vrai, resta fidèle au libre-échange jusqu'à la guerre de 1914, mais partout ailleurs, la doctrine protectionniste croissait en popularité. En 1850, un libéral comme Herbert Spencer croyait que la prochaine phase des réformes sociales consisterait en une attaque contre les grands monopoles fonciers ; avec le temps, il perdit confiance et finit par détruire ce qu'il avait écrit à ce sujet[4]. Vers la fin de sa vie, John Stuart Mill, qui ne devint pourtant jamais un socialiste autoritaire, émit l'hypothèse que les bienfaits du libéralisme avaient déjà été tous réalisés, et que le progrès de l'avenir était dans la direction du collectivisme.

Plus de soixante-quinze ans s'écoulent avant que le collectivisme prenne la direction des affaires, mais c'est pendant cette période intermédiaire du XIXe siècle qu'il s'installe dans les esprits. Le capital et le travail deviennent tous deux très protectionnistes. On abandonne la théorie ancienne suivant laquelle l'association constitue un privilège, et les lois sur les sociétés ouvrent la voie au développement des sociétés anonymes dans l'organisation économique. La conception de la démocratie change également. Jadis, les mouvements populaires s'étaient surtout préoccupés de protéger les droits de l'homme et de limiter les pouvoirs du souverain. Mais l'affranchissement rapide des masses fit croire que la souveraineté populaire ne doit subir aucune restriction, et que le gouvernement de la liberté ne signifie pas autre chose que la dictature de la majorité.

La liberté cesse donc d'être l'étoile polaire de l'esprit humain. Après 1870 environ, les hommes recommencent instinctivement à penser en termes d'organisation, d'autorité et de pouvoir collectif. Pour améliorer leurs bénéfices, les gens d'affaires comptent sur les tarifs protecteurs, sur la concentration des sociétés, sur la suppression de la concurrence, et sur l'extension des administrations commerciales. Pour secourir les pauvres et élever les opprimés, les réformateurs comptent sur l'organisation de la classe ouvrière, sur la majorité électorale, sur la prise du pouvoir et son exploitation à leur profit. Les grands capitalistes continuent à invoquer les formules sacro-saintes du libéralisme lorsqu'ils voient se dresser les exigences collectives des travailleurs, ou l'hostilité des majorités populaires, mais leur attachement au protectionnisme et à la concentration fait d'eux des êtres profondément imbus de collectivisme. Les réformateurs et les dirigeants ouvriers continuent eux aussi à parler de liberté lorsque l'on attaque leur programme d'organisation syndicale, ou lorsque l'on attaque leurs programmes d'étatisation, ou lorsque l'on met les agitateurs en prison. Mais ils croient en l'absolutisme du pouvoir des majorités, ils ne cessent d'exiger l'extension de l'autorité gouvernementale, et leur but essentiel est de dominer, de posséder et de perpétuer le collectivisme privé du capitalisme, plutôt que de briser les monopoles et d'abolir les privilèges. Aussi deviennent-ils les adversaires de la liberté et les fondateurs d'une nouvelle société autoritaire.

Le monde actuel est si profondément imbu d'esprit collectiviste qu'à première vue il semblerait don quichottesque de lutter contre cette tendance. Et pourtant, à l'époque où Adam Smith écrivait La Richesse des Nations les perspectives d'un renversement de la tendance mercantiliste n'étaient sans doute guère brillantes. Nous savons maintenant qu'à cette époque, ces tendances avaient déjà commencé leur déclin. L'Ancien Régime était condamné, bien que l'Europe n'eût pas encore traversé les guerres et les révolutions qui en marquèrent la fin. Peut-être est-ce aujourd'hui le commencement de la fin, peut-être vivons-nous au point culminant du mouvement collectiviste, peut-être ses promesses ne laissent-elles déjà plus qu'un goût de cendre dans la bouche des hommes, peut-être ses conséquences réelles ne sont-elles plus des sujets de débats théoriques, mais de sanglantes et amères réalités d'expériences. Dans la génération d'avant la guerre, au moment où il devient à la mode de penser que tous les hommes raisonnables et éclairés doivent être collectivistes, personne n'avait jamais vécu dans une société régie par un Etat omnipotent suivant un plan officiellement établi. De 1914 à 1919, les hommes ont pu goûter à ce genre de vie pendant la guerre, et depuis, ils ont eu l'occasion d'observer les expériences russe, italienne et allemande. La facile confiance de la génération d'avant-guerre est aujourd'hui ébranlée par le doute, et elle se demande si le principe collectiviste est compatible avec la paix et la prospérité, avec la dignité morale et intellectuelle de l'homme civilisé.

Je crois qu'une réaction a déjà commencé, réaction aussi précise et profonde que celle qui s'attaqua à l'Ancien Régime vers la fin du XVIIIe siècle, et aux brutalités du laissez-faire au siècle suivant. Mais les dirigeants populaires et influents de la pensée contemporaine sont fort embarrassés. Leurs convictions les obligent à croire qu'un ordre nouveau se crée dans l'un ou l'autre des Etats collectivistes ; leurs instincts et leurs observations leur disent que la naissance de cette société nouvelle s'accompagne d'un grand nombre de symptômes de retour à la barbarie. Ils n'aiment pas les dictatures, les camps de concentration, la censure, le travail forcé, les fusillades ni les bourreaux en habit noir. Mais à voir la façon de penser des intellectuels qui répandent des théories aujourd'hui considérées comme « libérales », « progressistes » ou « radicales », on constate qu'ils sont presque tous collectivistes dans leur conception de l'Etat, totalitaires dans leur conception de la société.

M. Stuart Chase, par exemple, est un homme d'instincts libéraux et de sympathies démocratiques, mais il nous dit que pour arriver à la prospérité pour tous il nous faut : « la centralisation du gouvernement, la planification et le contrôle par l'autorité supérieure de l'activité économique... Les Etats-Unis et le Canada entreront dans un cadre régional unique, de même que la plus grande partie de l'Europe. Un état-major général industriel doit exercer une autorité suprême sur ces cadres, et disposer de pouvoirs dictatoriaux pour assurer le fonctionnement harmonieux (sic) de toutes les grandes sources de matières premières et d'approvisionnements. La démocratie politique peut subsister à condition que les questions économiques soient exclues de son domaine[5] » (c'est moi qui souligne).

Ainsi, M. Chase, tout en étant un partisan enthousiaste d'une dictature qui s'étendrait à des continents entiers, voudrait en même temps conserver l'essentiel de la liberté individuelle. Pour lui, comme pour tous les collectivistes de son école, le problème consiste à concilier la théorie d'une économie dictatoriale avec une répulsion instinctive contre la conduite des dictateurs en exercice. Certains arrivent assez facilement à réaliser cette conciliation. Ils s'arrangent pour expliquer la barbarie des dictatures qu'ils admirent, tout en dénonçant bravement celle de toutes les autres dictatures. Les sympathisants de l'expérience communiste sont profondément émus par les persécutions en Allemagne et les déportations en Italie. Mais ils croient dur comme fer qu'on a exagéré et qu'on a mal compris les persécutions et les déportations en Russie. M. Soule par exemple, parlant de la Russie des Soviets, déclare avec une conscience apparemment tranquille que la terre et le capital sont, en Russie, administrés par le Parti communiste « afin que toutes ces choses soient utilisées pour le bien de la population tout entière (excepté ceux que l'Etat socialiste considère comme des individus inutiles : hommes d'Etat, prêtres, commerçants, patrons) ». D'autres, qui sympathisent avec la tentative fasciste, sont persuadés que les brutalités pires d'un régime communiste. C'est par une telle casuistique que les hommes concilient leur foi dans le principe collectiviste avec leur souvenir de ce que doit être une société civilisée.

Les apologistes du communisme et du fascisme sont donc obligés de croire que l'absolutisme qu'ils voient régner sur ces terres promises n'est que transitoire[6] ; qu'il est une tare accidentelle ou une nécessité temporaire. Leur erreur est profonde. Une société collectiviste ne peut exister que sous un régime absolutiste, et c'est une vérité que M. Chase semble avoir vaguement entrevue lorsqu'il dit que « la démocratie politique peut subsister à condition que les questions économiques soient exclues de son domaine ». Si l'on considère, par exemple, que les écoles, les universités, les églises, les journaux, les livres et même le sport ont besoin d'argent, de clients, et d'appui économique, le domaine abandonné à la liberté et à la démocratie par M. Chase est égal à zéro. C'est pourquoi l'absolutisme que nous voyons en Russie, en Allemagne, en Italie, loin d'être transitoire, constitue le principe essentiel d'un ordre collectiviste digne de ce nom.

Car dans la mesure où les hommes se mettent à croire que l'Etat doit, par la contrainte, organiser et diriger la vie économique, ils s'engagent à supprimer l'opposition résultant de la diversité des intérêts et des objectifs humains. Ils ne peuvent y échapper. Dans une société planifiée, la population doit se conformer au plan. Si sa fin lui est assignée officiellement, il ne doit pas y avoir de fins individuelles qui lui soient antagonistes. C'est l'inexorable conséquence logique du principe. En l'on s'en rend compte bien mieux en examinant les paroles et les actes des vrais collectivistes au pouvoir, qu'en consultant les écrits de révolutionnaires abrités comme M. Chase ou M. Soule ou, mieux encore, comme Karl Marx, assis à sa table de travail au British Museum. Lorsqu'on vit en sécurité sous un régime de liberté, il est facile de combiner les avantages des deux sociétés et de rêver qu'il est possible de concilier les promesses de l'Etat-providence avec les bienfaits de la liberté.

Mais lorsque nous regardons les collectivistes en action, le tableau est fort différent. La conception fasciste de la vie, dit Mussolini, « n'admet l'individu que dans la mesure où ses intérêts coincident avec ceux de l'Etat ». Le communisme l'admet-il à d'autres conditions ? Reconnaît-il au travail, à la propriété, à la pensée, à la foi et à la parole le moindre droit qui ne coincide pas avec les intérêts de l'Etat ? Il ne saurait en reconnaître. L'idéal suprême, le but pragmatique, l'inévitable destinée de tout véritable collectivisme ont été annoncés par Mussolini, qui, au cours de sa vie, a professé toutes les variétés de collectivisme : « Tout dans l'Etat, rien en dehors de l'Etat, rien contre l'Etat ».

« Tu n'auras pas d'autre dieux davant ma face ». La providence politique est nécessairement une divinité jalouse, et l'intensité de sa jalousie dépend de la rigueur des mesures que l'Etat est obligé de prendre pour diriger la société. Evidemment, le collectiviste humain, le collectiviste moyen[7] ne souhaite pas aller jusqu'au bout de la voie qui mène à l'Etat totalitaire. Il ne voudrait pas arriver trop vite ni trop brusquement à l'endroit où il souhaiterait s'arrêter. Il n'en reste pas moins vrai qu'il a adhéré à un principe d'économie sociale qui ne connaît pas d'autre moyen de remédier au mal que d'intensifier l'autorité gouvernementale. Car, si le collectiviste moyen croit qu'il est possible de remédier à tous les grands maux en exerçant un peu plus d'autorité, comment peut-il dire où il veut s'arrêter ? S'il a raison de penser que l'Etat peut, par ce que M. Chase appelle « la planification et le contrôle par l'autorité supérieure de l'activité économique », remédier aux désordres de l'humanité, il serait certes inhumain et rétrograde de ne pas s'emparer du pouvoir pour mettre fin à tous les maux de la société. Certes, la plupart des collectivistes occidentaux espèrent bien s'arrêter longtemps avant l'absolutisme, mais il n'y a rien dans le principe collectiviste qui permette de déterminer le point d'arrêt ailleurs que dans l'Etat totalitaire. Leurs goûts et leurs scrupules sont les seules entraves à leurs principes, et ces principes sont nettement absolutistes.

Bien plus, les effets de l'application de ces principes s'additionnent. Dès 1884[8], Herbert Spencer observait que « toute nouvelle ingérence de l'Etat fortifie la thèse suivant laquelle l'Etat a le devoir de remédier à tous les maux et de procurer tous les avantages ». En même temps il existe un besoin sans cesse croissant de « contrainte et de restriction administrative, qui résulte des maux et des inconvénients imprévus des contraintes et des restrictions précédentes ».

Spencer avait prédit que cette tendance mènerait à la transformation de régimes industriels et quasi populaires en « communautés militantes » organisées pour « un état de guerre continuelle » sous un « renouveau du despotisme »[9]. Ce jugement pouvait être contesté en 1884. Mais nous voyons se dérouler sous nos yeux l'évolution annoncée par Spencer. Cinquante ans se sont écoulés, et dans ces cinquante années l'humanité a progressé sans arrêt vers une réglementation toujours plus grande de sociétés toujours plus fermées. Pendant la montée des tarifs douaniers, des redevances, des bureaucraties, des inspecteurs, des censeurs, des polices, des armées, dans le resserrement des marchés, la dissociation des Etats, la désunion des groupes techniques, il n'y a eu aucun moment où les collectivistes aient pu dire : « jusqu'ici, et pas plus loin ».

Comment pourraient-ils le dire ? L'application de leurs principes crée un désordre tel qu'ils ne sont jamais sûrs de ne pas être obligés de doubler la dose. Comment pourraient-ils, sans abandonner leur doctrine fondamentale, refuser d'invoquer l'Etat-sauveur, lorsqu'il y a encore tant de maux à corriger. Ils n'ont pas d'autres principe à invoquer. Ils ont perdu les principes de liberté comme on perd le secret d'un art ancien[10].

Ils n'ont, par conséquent, aucun droit de se plaindre, si les hommes regardent vers la Russie, l'Italie et l'Allemagne pour voir où le culte de l'Etat les mène. Car c'est là-bas que l'idée s'est faite chair, s'est traduite en actes visibles aux yeux de tous.

Notes et références

  1. J. M. Keynes, The General Theory of employment, interest and money, p. 383 : « Des hommes pratiques qui se croient libres de toute influence intellectuelle, sont ordinairement les esclaves de quelque économiste défunt. Des hommes possédés d'autorité, qui entendent des voix célestes, extraient leur frénésie des oeuvres écrites par quelque barbouilleur académique quelques années auparavant. »
  2. F. W. Hirst, Economic Freedom, p. 40.
  3. Voir les conférences d'A. V. Dicey sur les rapports entre le droit et l'opinion publique en Angleterre au XIXe siècle.
  4. Voir A Perplexed philosopher, par Henry George.
  5. Stuart Chase, op. cit., pp 312-313. Voir également George Soule, op. cit., pp. 214-215.
  6. Voir par exemple la lettre d'Engels à Bebel (1875) : « L'Etat n'étant qu'une institution transitoire que nous sommes obligés d'utiliser dans la lutte révolutionnaire, afin d'écraser nos ennemis par la force, il est absolument absurde de parler d'un Etat populaire libre. Pendant la période où le prolétariat a besoin de l'Etat, il en a besoin, non pas pour la liberté, mais pour écraser ses adversaires; et lorsqu'il sera devenu possible de parler vraiment de liberté, l'Etat en tant que tel aura cessé d'exister.  » (Cité dans l'Etat et la Révolution, de Lénine. Lénine donne une définition analogue : « La dictature est un pouvoir reposant directement sur la force, et qui n'est lié par aucune loi. La dictature révolutionnaire du prolétariat est une autorité maintenue au moyen de la force et contre la bourgeoisie, et elle n'est liée par aucune loi. », La révolution prolétarienne.
  7. Le lecteur de M. Mumford, de M. Chase, ou de M. Soule par exemple.
  8. The Man versus the State, p. 33.
  9. The Coming slavery.
  10. V. Livre III.
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